Un matin de février. Un dirigeant d'une TPE aviation d'affaires ouvre son ERP. Écran blanc. Le support éditeur est injoignable. Les vols de la journée sont à organiser, les devis à envoyer, les clients à rappeler. Tout est dans le système. Le système est mort.
C'est l'appel qu'on a reçu. Voici ce qu'on a reconstruit, en trois semaines, pour remettre une PME 100 % dépendante du digital sur pied.
Le contexte : une TPE aviation au bord du gouffre
L'entreprise est une compagnie d'aviation d'affaires basée en région parisienne. Une dizaine de personnes. Elle gère des vols à la demande pour une clientèle d'affaires, avec une chaîne logistique courte mais très exigeante — avion, équipage, slots aéroport, transferts, facturation complexe.
Son ERP était un outil sectoriel aviation, installé depuis huit ans. Pas flambant mais fonctionnel. Jusqu'à ce que l'éditeur bascule dans une crise interne et cesse toute réponse au support.
"C'est assez mécanique — moins 20 % de trafic, on le voit direct sur notre nombre de leads et donc sur notre nombre de vols effectués."
Le SEO chutait déjà. L'ERP qui lâche au même moment, c'était le scénario catastrophe.
Le diagnostic : zéro redondance, zéro plan B
Première chose qu'on a faite en arrivant : identifier ce qui marchait encore, et ce qu'on pouvait récupérer.
- Base de données corrompue — les trois derniers mois de devis et vols en partie illisibles
- Zéro export récent — les sauvegardes datées de six mois étaient inutilisables en l'état
- Équipe en mode dégradé — les devis se faisaient au téléphone, les factures sur Word
- Aucun plan de continuité d'activité — l'idée qu'une panne puisse durer plus de 24 h n'avait jamais été envisagée
- Dépendance totale à l'éditeur — pas d'accès aux données brutes, pas de documentation technique exploitable
- SEO en chute — chaque jour d'interruption aggravait l'entonnoir commercial
Le vrai enseignement : une PME 100 % dépendante du digital qui n'a pas de plan B, c'est une PME qui joue sa survie sur la santé d'un éditeur.
Ce qu'on a construit
On a livré en trois semaines un ERP sur mesure complet. Le délai n'est pas une démonstration marketing — c'était le temps que la boîte pouvait tenir avant de perdre sa clientèle.
Un CRM commercial complet — contacts, historique relationnel, segmentation, pipeline de devis.
Un moteur de devis vol — saisie des paramètres de vol (avion, itinéraire, heure, pax), calcul automatique du prix selon les règles de l'entreprise.
Un planning vols centralisé — chaque vol confirmé alimente le planning opérationnel, coordonne les équipages et les transferts.
Une facturation automatisée — la facture se génère à partir du vol effectué, se synchronise avec la comptabilité.
Un mode dégradé intégré — en cas d'incident sur l'outil principal, une version simplifiée permet de continuer à prendre des commandes critiques. Plus jamais de dépendance à un point unique.
Le chiffre qui résume tout : pipeline commercial stabilisé en trois semaines
Là où la reconstruction de l'outil avait été budgétée à six mois par un prestataire classique consulté juste avant nous, on a livré un système exploitable en trois semaines. L'entreprise a récupéré son activité commerciale avant que la chute SEO ne devienne irréversible.
Les résultats secondaires :
- Zéro vol perdu pour raison opérationnelle pendant la transition
- Code et données propriété de l'entreprise — fini la captivité éditeur
- Coût d'hébergement divisé par trois par rapport à l'ancien ERP
- Mode dégradé intégré — même un crash ne paralyse plus l'activité commerciale
Pourquoi ça a marché
1. On a accepté de livrer incomplet, puis d'itérer. La V1 couvrait 70 % du périmètre. Les 30 % restants sont venus sur les six semaines suivantes. Essayer de livrer 100 % en trois semaines aurait cassé le projet.
2. On a reconstruit à partir des exports récupérables. Les PDF de devis, les factures émises, les emails clients ont servi de source pour reconstituer la base. Pas glamour, mais efficace. Trois jours de moulinette technique ont sauvé trois mois de ressaisie manuelle.
3. On a intégré le mode dégradé dès la V1. La leçon du crash, ce n'est pas "il faut un meilleur ERP". C'est "il faut un ERP qui survive à sa propre panne". Ce principe est devenu central dans l'architecture.
FAQ — reconstruire un ERP en urgence
Peut-on vraiment reconstruire un ERP en trois semaines ?
Oui, si le périmètre est resserré à ce qui est vital, et si l'équipe est disponible pour valider tous les jours. Un projet normal dure 6 à 10 semaines. Un projet d'urgence cible d'abord la continuité d'activité, puis étend ensuite.
Que faire si l'éditeur de notre ERP actuel devient injoignable ?
Premier réflexe : exporter toutes les données exploitables (contacts, devis, factures, commandes) avant que l'accès ne soit totalement coupé. Deuxième réflexe : documenter les règles métier critiques. Troisième : consulter deux ou trois prestataires qui peuvent démarrer vite, pas qui proposent le meilleur plan à long terme.
Est-il possible d'avoir un ERP sur mesure avec un vrai plan de continuité ?
Oui, et c'est même un critère à imposer au cahier des charges. Hébergement redondant, sauvegardes quotidiennes testées, mode dégradé accessible, documentation technique à jour. Ces exigences ajoutent 10 à 15 % de coût et évitent le scénario catastrophe.
Combien coûte une reconstruction d'ERP en urgence ?
Entre 20 et 50 k€ selon le périmètre, avec une concentration sur les 3 à 4 premières semaines. Plus cher qu'un projet en rythme normal par journée ingénieur, mais moins coûteux que les pertes clients d'une interruption prolongée.
Ce qu'on en retient
Ce chantier illustre un risque qu'on sous-estime systématiquement en PME : la dépendance totale à un éditeur externe. Quand ça tient, on ne le voit pas. Quand ça casse, la boîte joue sa survie.
- Vous n'avez pas exporté vos données depuis six mois — en cas de crash, vous repartez de zéro
- Votre ERP n'a aucun mode dégradé — un incident de 48 h paralyse toute l'activité commerciale
- Les règles métier critiques ne sont documentées que dans l'outil — elles disparaissent avec lui
- Vos collaborateurs n'ont plus accès aux données sans l'outil — dépendance totale
- Votre SEO chute et vous n'avez pas de canal de secours — double point de défaillance
C'est exactement le type de risque qu'on regarde en audit préalable. Si vous vous reconnaissez, un diagnostic de 45 minutes permet d'identifier les points de fragilité avant la crise.